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 Couverture d'un  livret de chanson de 1918

Couverture d'un livret de chanson de 1918

Xe will do our share: nous ferons notre part pendant que vous êtes là bas...

Xe will do our share: nous ferons notre part pendant que vous êtes là bas...

"Oncle Sam nourrit et habille les soldats, mais si les femmes ne l'aident pas, nos boys vont se geler"

Réchauffer les corps et le patriotisme

"Oncle Sam nourrit et habille les soldats, mais si les femmes ne l'aident pas, nos boys vont se geler" Le Sunday Tribune (l'édition du dimanche du New York Tribune) relaie l'appel de la Croix Rouge le 11 novembre 1917.

Comme le prix de la laine atteint des sommets, le journal propose de fournir à ses lectrices une offre spéciale d'abonnement au journal qui leur donne la possibilité d'acheter la laine à prix réduit. Elles peuvent ensuite faire parvenir le colis à un combattant particulier membre de leur famille ou à un soldat ou marin quelconque, par l'intermédiaire de la Croix rouge ou par l'Armée ou la Marine ou par le Sunday Tribune...

Mais les vêtements doivent absolument être tricotés selon les directives de la Croix Rouge. Le journal, comme beaucoup d'autres, publie donc les indications utiles pour tricoter mitaines, pulls sans manches, cagoules, écharpes, et surtout des chaussettes chaudes.

"Oncle Sam nourrit et habille les soldats, mais si les femmes ne l'aident pas, nos boys vont se geler"
"Oncle Sam nourrit et habille les soldats, mais si les femmes ne l'aident pas, nos boys vont se geler"
Marching, marching

Knitting Song written & composed by: Muriel Bruce & Baron Aliotti, 1915, Chappell & Co., Ltd, NY.

Marching, marching thro' the misty night,

Peering thro' the dark, longing for a fight.

Tramping stumbling, on the broken ground, with the tang of battle all around.

While at home the busy needles fly,

Knitting with a smile, Knitting with a sigh,

For their sons, and brothers, Fathers, lovers, too,

They're knitting for soldiers brave and true.

Refrain:

Knitting, knitting, knitting, with the Khaki wool and grey,

Mufflers, socks and Balaclava caps,

They are knitting day by day;

Knitting, knitting, knitting, with a pray'r in ev'ry row,

That the ones thay hold in their hearts so dear,

May be guarded as they go.

Clang and clamor, smoke and dust and death,

Blindly fighting on, catching ev'ry breath.

Comrades dropping down on ev'ry side,

Holding back the seething hostile tide.

But at home loving hands are still

Knitting with their hearts, Knitting with a will,

Knitting for their country, Flag, and solders too;

They're knitting for the ones so brave and tru

"Oncle Sam nourrit et habille les soldats, mais si les femmes ne l'aident pas, nos boys vont se geler"

Il faut à nos boys un maximum de chaussettes bien chaudes

Le gros problèmes des soldats dans les tranchées, c'est leurs pieds. On voit en effet se développer ce que l'on a appelé le "pied des tranchées", maladie liée à l'exposition prolongée à l'insalubrité, à l'humidité et au froid.

La maladie peut se développer assez vite. Le pied rougit ou bleuit, des nécroses et des lésions apparaissent. Arrivé au stade de la gangrène il faut amputer.

Il est donc indispensable que les soldats aient les pieds au chaud et au sec.

Or leurs bottines étaient faites de lourde peau de vache avec des semelles épaisses. Bien qu’en théorie imperméables, elles s’arrachaient assez rapidement aux coutures. Les talons étaient en fer et les semelles comportaient cinq rangées de clous pour les rendre moins glissantes. Ces clous conduisaient le froid du sol gelé directement aux pieds des soldats.

Une version (1918) améliorée, appelée la "Botte de Pershing", a ajouté une semelle supplémentaire et a donc accru la chaleur, mais le soldat ne pouvait pas plier le pied dans cette botte rigide et ses pieds restaient froids, endoloris et souvent mouillés.

Ces bottes n’étaient pas du tout isolées et les soldats prirent l’habitude de porter deux paires de chaussette de laine épaisse. Il leur fallait donc des bottes d’une pointure supérieure de deux tailles à leur pointure normale.

L'usure et de la pratique prudente de changer des chaussettes souvent pour éviter pour contracter « le pied des tranchées » (un champignon), rendaient donc permanent le besoin énorme de chaussettes de laine chaudes

Affiche produite par le service médical des armées américaines invitant les soldats a surveiller l'hygiène de leurs pieds, pour éviter le "pied de tranchée" ; L'affiche rappelle que ce mal est dangereux et invite au lavage régulier et au séchage des pieds, ainsi qu'à un changement régulier des chaussettes ou chaussures.

Affiche produite par le service médical des armées américaines invitant les soldats a surveiller l'hygiène de leurs pieds, pour éviter le "pied de tranchée" ; L'affiche rappelle que ce mal est dangereux et invite au lavage régulier et au séchage des pieds, ainsi qu'à un changement régulier des chaussettes ou chaussures.

1918: des chaussettes pour gagner la guerre

A partir du milieu de 1918 le besoin de chaussettes est tellement pressant que la Croix Rouge lança un appel aux tricoteurs "Ne faites plus de pulls, chaque livre de laine récupérée doit permettre de faire des chaussettes". (cité par Anne L. MacDonald, No Idle Hands: The Social History of American Knitting /New York: Ballantine Books, 1988)

Certains tricoteurs ont économisé la laine en utilisant du coton pour les jambes et de la laine pour les pieds. La laine étant la meilleure fibre pour absorber le transpiration.

D’autres, quelque peu gênés par les complications mystérieuses de l’élaboration du talon, se mirent à tricoter des chaussettes en tubes sans talon. Les soldats préférèrent cette forme qui s’avéra plus confortable que les chaussettes avec des talons ratés, avec des bosses dans le tricot.

La Croix Rouge de Seattle utilisa une machine à tricoter qui faisait de longs tubes, qui étaient coupés tous les 70 cm puis on tricotait les pointes à la main. « Une fois la machine prête avec de la laine grise, ça tricote, ça tricote, ça tricote » (The Seattle Times, December 2, 1917)

Knitting Song [Knitting All the Day]

by Floy McGlashan, 1918, A.W. Perry's Sons, Sedalia, MO

We have joined the Red Cross Army

With its thousands, thousands strong,

And we’re working with our might and main

To help the cause along.

We have no time for sighing,

If we keep our needles flying.

For we’ve joined the Red Cross Army

With it’s throng.

Refrain

We are knitting, knitting, knitting all the day

For the soldier boys in France so far away

And in this world’s dread fray

We will win for USA

If we’re knitting, knitting, knitting all the day.

Young and old alike are knitting

With a tender thought and care,

For the soldier boys across the sea,

Who bravely do and dare,

And all the time we’re sitting,

We just keep our fingers knitting

While within each heart Is breathed a silent prayer.

We will keep the "home fires burning",

Here To welcome their returning

While within each heart with love and hope

The embers brightly glow.

So with the old clock’s ticking,

Our needles keep time clicking,

While with joy for that glad day

The teardrops flow

Nous avons rejoint l'Armée de Croix-Rouge

Avec ses milliers, milliers de forces,

L'essentiel de notre temps et de nos efforts est consacré à ce travail pour soutenir la cause. (du pays)

Nous n'avons pas le temps de soupirer, car nos aiguilles sont toujours en activité.

Car nous nous sommes les troupes de l'Armée de la Croix-Rouge

Nous tricotons, tricotons, tricotons toute la journée

Pour les gars soldats si loin en France

Et dans cette effroyable guerre mondiale

Nous aiderons les USA à vaincre

Si nous tricotons, tricotons, tricotons toute la journée

Jeunes et vieux tous tricotent

Avec une tendre pensée et soigneusement,

Pour les soldats de l'autre côté de l'océan,

Qui combattent courageusement.

Et tout le temps nous sommes assis,

Nous gardons juste les doigts sur notre tricot

Tandis que dans chaque coeur

S'élève une prière silencieuse

"Nous garderons le foyer allumé" *

Pour accueillir leur retour

Tandis que dans chaque coeur les braises de l'amour et de l'espoir restent rouges.

Ainsi avec le tic tac de la vieille horloge,

Nos aiguilles suivent le cours du temps,

Et quand ce jour heureux arrivera

Nous verserons des larmes de joie.

* (allusion au chant des soldats "keep the home fire burning")

Vous vous êtes peut être étonnés que certaines expressions n'apparaissent pas au féminin... Nous verrons la prochaine fois que les hommes de toutes catégories ont participé activement...

Tag(s) : #1ère guerre mondiale, #1ère guerre mondiale USA, #tricot dans l'histoire, #chansons musique

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